Michel Brion, le chef cuisto de l’Asdam

Arrivé à l’ASMA en 1984 pour inscrire son fils Christophe, Michel Brion n’est jamais reparti. L’ancien boucher-charcutier s’est beaucoup investi pour le club et continue aujourd’hui de participer aux nombreuses manifestations où son talent en cuisine fait le reste.

Jamais loin de ses ustensiles de cuisine et de son tablier, Michel Brion n’en finit plus de régaler les papilles de l’Asdam. L’ancien boucher-charcutier de 90 ans se dévoue depuis plus de quarante ans pour son club de cœur alors qu’il n’a pourtant jamais réellement été passionné par le foot. C’est en fait son métier qui l’a fait quitter sa Bourgogne natale pour atterrir chez les Rouge et Bleu.

« Je suis né aux pieds de Vercingétorix dans la campagne (rires) » plaisante-t-il, en référence à la localisation supposée d’Alésia en Côte d’Or. Après son apprentissage à Dijon puis son service militaire, le jeune Michel Brion devient alors chef-boucher et doit combler des besoins un peu partout en France (Caen, Clermont-Ferrand, Nantes…). Il reste ensuite cinq ans à Besançon puis onze à Thionville (en Moselle) avant d’être muté aux « Nouvelles Galeries » à Belfort en janvier 1984.

« Mon fils Christophe a commencé le foot quand j’étais à Thionville et voulait continuer en club. Par chance, un salarié des Nouvelles Galeries, Gérard Berger, était entraîneur à l’ASMA et m’a dit de l’inscrire ici. Je l’ai donc présenté au président Faudot puis à ses fils qui l’emmenaient aux entraînements car mes horaires de travail ne me le permettaient pas » raconte Michel Brion. Le Bourguignon découvre alors une nouvelle famille et met au profit du club ses qualités de cuisinier (couscous, méchoui, BBQ…) en compagnie de son épouse Nicole, postée elle au bar. « On cuisinait parfois pour 300 personnes » confie-t-il.

« Avec ma femme et les bénévoles, on cuisinait parfois pour 300 personnes ».

Avec Jean Faudot (président d’alors) et David Lima, il compose également le « triumvirat magique » du club comme le surnomme la presse de l’époque, chargé de l’aménagement et l’entretien des terrains. « On tondait le terrain généralement le jeudi (mon seul jour de repos) avec le tracteur de M. Faudot et utilisait aussi l’eau de la Savoureuse pour l’arroser, ce qui ne plaisait pas à tout le monde… Un jour, des cochons de chez Peterschmitt ont même envahi le terrain et certains sont tombés dans la fosse. J’ai dû aller dans l’eau pour les sortir. Mon copain m’a dit : ”Je te préviens, tu ne rentres pas dans la voiture comme ça (rires)’’. Du coup, j’ai dû prendre la douche tout habillé dans les vestiaires ».

Michel Brion a eu aussi d’autres casquettes comme délégué de match senior ou encadrant de stage des jeunes de l’école de foot. A Pâques ou en été, le bénévole a plus d’une fois accompagné les bambins pour disputer un tournoi. « Je me souviens notamment d’un tournoi près de l’Atlantique. Nous en avions profité pour partir en bateau à Belle-Île-en-Mer (ndlr : une île au large de la Bretagne) où nous avons fait le tour de l’île à vélo ».

Définitivement attachée au club, la famille Brion a vu aussi plus tard deux de ses petits-enfants, Antoine (« Fifou ») et Jules, jouer sous les couleurs de l’Asdam. Entre succès et blessures, ils ont à coup sûr fait la fierté de leur grand-père, surnommé affectueusement « Papy Brion » qui est aujourd’hui responsable du foyer au sein du comité.

En dehors du foot, Michel Brion est aussi un passionné d’histoire. En tant que membre de l’Union nationale des combattants (UNC) du Territoire de Belfort et de l’association Souvenir et Amitié à Meroux-Moval, il participe régulièrement à des cérémonies et commémorations des guerres de 14 et 40 pour préserver le « devoir de mémoire », cher à ses yeux. Autant qu’il l’est pour le club. ■